mercredi 14 mars 2012

Sur le site de MagCentre, lire l'article de Sébastien Contrepoint
L’Arena et les « approximations » du maire d’Olivet
11 mar 2012 | Catégorie: Mag'cité
Lors du Conseil municipal du 24 février (1), le maire d’Olivet Hugues Saury, défenseur du projet Arena d’Orléans, a déclaré : « Cette Arena sera la deuxième après Paris Bercy. Cela peut paraître surdimensionné mais l’objectif est d’avoir un rayonnement national et international. Nous avons un grand retard en France et il y a là une vraie opportunité même si elle est coûteuse. Il y a trente sept Arenas en Espagne, trente-trois en Allemagne ». Approximations ou tromperie volontaire, M. Saury confond grandes salles et Arenas (...).

samedi 3 mars 2012

Les mots ont un sens
Le site de l'Express (express.fr) m'a demandé une contribution sur la mesure fiscale prévue par François Hollande. Pour des raisons diverses, quelques modifications ont été apportées au texte initial mais c'est la modification du titre qui me gêne le plus. Très courtoisement, le journaliste chargé de la page m'a précisé que la rédaction préfèrait "Les réactions des footballeurs sont écoeurantes" à mon titre : "Vive les défaites !". Ce qui m'embête, ce sont les deux premiers mots ajoutés  : l’expression “Taxe Hollande” est fausse. Hollande ajoute une tranche supplémentaire d’impôt (taux de 75%) ce qui n’est pas identique. La taxe donne l’idée d’un pourcentage sur une somme (TVA, TIPP) – il est simple de faire croire qu’on va payer 75% de son revenu - alors que la mesure Hollande rend tout simplement l’impôt plus progressif. Pour une fois qu'un journal nous donne la parole, on ne vous pas trop protester !  Nous espérons même qu'un organe de la presse nationale crée prochainement une  chronique régulière sur le sport entendu comme phénomène social aux multiples implications politiques, économiques et idéologiques (hors des pages sportives "ghetto").M.C.

Par Michel Caillat 
ELYSEE 2012 - La Fédération française de football s'est élevée contre la "taxe Hollande" sur les ultra-riches. Pour notre contributeur Michel Caillat, spécialiste de la sociologie du sport, l'intérêt de l'Etat doit primer les résultats sportifs (http://www.lexpress.fr/).


vendredi 24 février 2012

Le discours sportif n’est jamais neutre...
   Voici la déclaration que Bernard Lacombe, le conseiller du très libéral président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, a faite le jeudi 23 février (l’OL est 6e de Ligue 1 à six points du podium) :
Comment expliquez-vous ces difficultés de l’OL en championnat ?
On a l’impression que les types font un sport individuel. Moi, quand j’étais nul, je me replaçais, je travaillais pour le collectif. A Bordeaux et contre Caen, je le dis, j’ai eu honte. Les gars marchaient tous. Pour trouver un joueur démarqué, il fallait que le porteur du ballon travaille à la Nasa !
Que pensez-vous de la manière dont l’entraîneur Rémi Garde gère cette période difficile ?
Les mecs ont de la chance : ils ont des bons contrats. Ils jouent dans un club où ça se passe bien. Ils peuvent aller voir ailleurs comment ça se passe. Les exigences, chez nous, sont importantes, mais
, par moments, j’ai l’impression de voir une équipe de fonctionnaires ! On dirait que chacun calcule ses efforts en pensant : « Faut pas trop que je coure, je vais passer pour un con. »
Commentaire naïf du journaliste : Lacombe opère un recadrage musclé.
   Non, Lacombe alimente joyeusement l’idée reçue des fonctionnaires qui ne foutent rien, qui sont inutiles et qu’il faut donc supprimer.
   Lacombe, comme la très grande majorité des sportifs, votera à droite lors de la prochaine élection présidentielle, en faisant passer son discours pour apolitique et sans importance. Ce discours là est récurrent dans le milieu. C’est toute la force du sport. Faire croire qu’on peut-être sportif innocemment.
  Lacombe n’est pas comme les joueurs qu’il montre du doigt ; il ne passe pas pour un con. Il est con*.
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* Pour en savoir plus : « Lire Denis Faïck, « Qu’est-ce qu’un con ? », Editions Pleins Feux, 2008.

samedi 14 janvier 2012

                                                                  Petits joueurs...
  
   Début janvier 2012, Robert Pires expliquait qu'il avait des "touches" en Inde. Ces dernières se sont concrétisées. L'ancien milieu de l'équipe de France va participer au lancement de la nouvelle Premier League dont la présentation a été faite le vendredi 13. Il évoluera dans le West Bengala (un championnat à six équipes) avec Fabio Cannavaro, Jay-Jay Okocha, Robbie Fowler, Fernando Morientes et Hernan Crespo. Selon la Gazzetta dello Sport, ces stars devraient toucher entre 500 000 et 1 million de dollars pour sept semaines de compétition.
   Si l’on prend une petite moyenne, disons 700 000 dollars pour sept semaines, ça ne fait que 100 000 dollars par semaine soit 433 000 dollars par mois. Sachant qu’un dollar vaut 0,788 euro ce 14 janvier, le salaire mensuel de ces joueurs sera en moyenne de 341 000 euros ce qui ne fait finalement que 243 SMIC soit 20 ans de SMIC. Il faudra donc à ces footballeurs travailler au moins deux mois pour gagner ce qu’un smicard gagnera durant toute sa vie. A côté de Beckham ou de Thierry Henry ce sont des petits joueurs. Cela, dit pour des retraités, c’est correct ! Ils vont gagner en un mois ce que la majorité des jeunes retraités ne gagneront pas jusqu’à leur mort…
   Les voix qui n’ont pas manqué de s’élever à l’annonce du salaire mensuel de Beckham au PSG (venue avortée finalement) avaient alors oublié que ce n’était qu’une petite partie de ses revenus estimés à 30,4 millions d’euros en 2010. La classe politico-médiatique française n’a jamais trouvé à redire au revenu global de Thierry Henry (18 millions d’euros en 2010 soit 1,5 million d’euros par mois ce qui équivaut à 1071 SMIC ou 89 ans de salaire minimum). Quant aux modestes salaires des retraités (241 SMIC), ils ne révolteront personne et ne feront pas plus de cinq lignes dans les journaux. Décidément, l’indignation devant les inégalités est bien sélective. A écouter certains de nos dirigeants, les privilégiés sont ceux qui ont un emploi stable (ou presque et de moins en moins). Vive Pires. Vive Henry. A bas les fonctionnaires !

  

vendredi 13 janvier 2012

La question sans réponse
  
   Quand il observe que l'infirmerie des grands clubs mais aussi, trop souvent, des petits - toutes disciplines confondues -, est toujours remplie, le CACS se pose la question suivante rarement voire jamais posée :
Quel est le coût du sport - entendu comme activité physique compétitive institutionnalisée - pour la collectivité en général et pour la Sécurité Sociale en particulier ?
   Un rapport établi dans les années 1970 aurait été enterré à peine fini. Pourquoi ? Depuis, aucun chiffre n'est sorti et pourtant... (1)
   Contrairement au mythe entretenu, le sport n'est pas bon pour la santé.
   Qui osera, en 2012, à l'heure de la rigueur et des coupes claires dans les budgets sociaux, lancer une étude sérieuse pour répondre enfin à la question sans réponse : quel est le coût de la casse physique et morale du sport dit de compétition (2) ?
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(1). Seul un rapport accablant de l'Académie nationale de médecine publié en 1983 a donné quelques pistes sur la gravité du mal. Ce rapport sur l'entraînement intensif et précoce fut ignoré, censuré, étouffé. En 30 ans, on peut penser que le mal s'est encore beaucoup aggravé.
(2) Confondre sport dit de compétition (mauvais pour la santé) et activité physique (bonne pour la santé) c'est comme confondre le cyclisme des participants au Tour de France et la pratique de la bicyclette par le facteur qui fait sa tournée. La confusion des mots largement entretenue n'est jamais neutre.

jeudi 29 décembre 2011