lundi 25 février 2013

                                             Au fil de l'actualité...
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 LES RICHES ONT LA PAROLE.-  Il n'y a pas que les sportifs qui veulent nous faire pleurer sur leur sort et faire payer les Autres. Jacques Attali donne des conférences à 20 000 euros la conférence. Christine Ockrent fait des "ménages" (des interventions pour les entreprises) à 18 000 euros le "ménage". Attali et Okrent sont partout, invités des médias voire responsables d'émission (Ockrent vient d'intégrer France Culture). Attali et Ockrent qui sévissent dans les coulisses du pouvoir depuis près de 40 ans donnent en permanence de grandes leçons qui peuvent se résumer ainsi : "C'est la crise, c'est la crise, il faut faire payer le peuple, allonger l'âge de la retraite, taxer les classes modestes et moyennes". Leur discours est insupportable. La complicité des médias est honteuse. Attali et Ockrent gagnent en un mois ce que la grande majorité de la population ne gagne pas en plusieurs années. Il y a quelque écoeurement à les entendre prêcher continuellement, sans être contrariés, la parole des riches.

AULAS OU LE DOUBLE DISCOURS.- Le patron de choc de l'Olympique Lyonnais n'a jamais cessé de pleurer devant la fiscalité française, l'impossibilité d'entrer en Bourse (avant que ses amis lui en donnent les moyens), les côuts, les "charges", le poids de l'Etat. Sans argent disait-il, il ne peut pas y avoir de grands clubs. Depuis quelques jours, Aulas joue les modestes et stigmatise le marketing et l'argent fou du PSG. Pas besoin de grand joueur pour gagner, il suffit d'en vouloir, de se battre, d'être motivé et revanchard. "Quand on veut on peut" laisse entendre le président libéral de l'OL. Lyon est en difficulté financière, alors il faut adapter le discours. Un jour, il faut dire le plus grand mal de l'Etat pour expliquer le manque d'argent et de grande équipe ; un autre jour, il est possible de dire que l'argent ne fait pas tout et qu'on peut gagner en comptant sur soi. M.Aulas favorable à la tranche à 75% ? Il ne faut pas exagérer. L'Etat pille ses joueurs qui gagne des millions d'euros par an. La preuve. Imaginons un joueur marié, un enfant, qui gagne 100 000 euros nets par mois soit 1200 000 euros par an. Il paye environ 495 000 euros. Il ne lui reste que 700 000 euros pour vivre et avec la taxe, il risque de ne plus avoir que 650 000 euros pour l'année soit environ 54000 euros par mois. Sachant que le SMIC net est de 1121 euros net depuis le 1er janvier, le joueur ne gagne finalement que 48 SMIC soit 4 ans de SMIC par mois. On comprend mieux les plaintes du Président Aulas et de tous les footballeurs de haut niveau...

GABART, LE "ARMSTRONG DES MERS" ?.- Il pulvérise les records, il dort très peu pendant près de 80 jours (sans dopage évidemment), il fuit le monde pour ne plus être embêté par les soucis du quotidien. Gabart va gagner, Gabart gagne, Gabard est héroïque. Ce fut dur mais si jouissif... En mer, “les navigateurs ne sont plus des humains” dit-on. Alors, peu importe les valeurs qu’ils véhiculent, l’essentiel est qu’ils fassent rêver.
   La presse parlée et télévisée en fait la “une” (avant le Mali, avant la "manif" des pro-mariage pour tous. Gabart sera sur toutes les chaines dans les prochains jours. “Beau gosse et premier de la classe” nous prévient-on. De quoi attirer les foules. Et de quoi, pour beaucoup de monde, vivre par procuration.
    Les ouvriers de Renault ou les métallos de Fleurange ne font pas rêver. Ils luttent. Comment s’identifier à des gens qui perdent, et d’abord leur emploi ?
   Les “épiciers de l’aventure” ont de beaux jours devant eux. Le “système” les soutient.
   Les ouvriers de Renault et les métallos de Fleurange n’ont plus qu’à chercher du travail ou qu’à prendre leur retraite. Les derniers rapports sur le chômage et sur les retraites peuvent les inquiéter. “Il n’y a pas d’autre politique possible” rabâchent la plupart des éditorialistes des grands médias. Décidément, dans cette société hypercompétitive où seuls les gagnants comptent, les “loosers” de Chez Doux, PSA et autres Texas Intruments ont ce qu’ils méritent. Ils ont des jours très difficiles devant eux. Le “système” les accable.
   On va nous accuser de jouer les rabat-joie alors que nous souhaitons simplement le débat en prétendant que ce type de course pose un certain nombre de questions :
. Les aventuriers fuient-ils ou non la société ?
. Pourquoi beaucoup d'individus s'identifient à ces "géants des mers" ?
. Quelles valeurs véhiculent consciemment ou inconsciemment les marins ?
. Quel rôle joue l'argent dans ces courses devenues des spectacles ?
. En voile le mot dopage peut-il être au moins évoqué ?
. Où sont les femmes ?
etc.
PS. La preuve que l'arrivée de F. Gabart a éclipsé les autres nouvelles est,  par exemple, le changement de stratégie de BFM TV qui a annoncé toute la matinée du 27 janvier que "les télespectateurs vivront en direct la manifestation des pro-mariage pour tous". Au dernier moment, BFM TV  a décidé de faire vivre en direct l'arrivée du navigateur. Le "grand problème de société" est apparu sur les antennes à 17 h. La "manif" était presque terminée !

PRUDHOMME, DRUCKER, SARKOZY et TOUS LES COMPLICES.- Dans l’affaire Armstrong, Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, a fait preuve, à l’image de la plupart de ses anciens collègues de la presse, d’une grande lâcheté et d’une belle hypocrisie. Lui et ses amis de la Société du Tour - Bernard Hinault en tête - ont toujours encensé le coureur américain, loué son travail, son très grand professionnalisme. "Les autres doivent prendre exemple sur lui" disait Hinault en 2005 alors que le doute n'était déjà plus permis. Michel Drucker a  éternellement salué le courage d'Armstrong et Nicolas Sarkozy a sans doute su trouver aux côtés de son ami américain quelques précieux conseils. Pour être "au niveau", l'ancien président n'a plus qu'à passer aux aveux et confesser tous ses mensonges. Deux émissions n'y suffiront pas.
   En 2009, Prudhomme a salué le retour d'Armstrong et tout a continué comme avant les révélations de l'Equipe en 2005. "Qui peut croire Armstrong ?" ou "Armstrong est prisonnier d'un mensonge aussi vain que grotesque" pouvait-on lire alors sous la plume de quelques observateurs éveillés mais dont la parole ne franchissait pas les murs d'un cercle restreint. Pour des raisons économiques et idéologiques,  la dite grande presse (radio et télévision) a scandaleusement entretenu la légende. Le 23 août 2005, le quotidien "L'Equipe" titrait : "Le mensonge Armstrong".  Son enquête  révélant la prise d'EPO du coureur en 1999 n'a pas réveillé les bateleurs de foire de la télévision (Thierry Adam, Jean-René Godard, Gérard Holtz, etc.) et des radios (RMC, RTL, etc.). Les complices d'hier se lamentent aujourd'hui du comportement honteux d'Armstrong.
   Et les complices sont partout. Dans le mouvement sportif évidemment, et dans le milieu politique  qui s'est contenté de tenir le discours aveugle de la pureté, celui que tient aujourd'hui encore la Ministre Valérie Fourneyron. Avice, Drut, Lamour, Bambuck, Buffet, etc. ont toujours dit la même chose et rêvent encore à des lendemains qui chantent ! Mais la complicité est à chercher aussi dans un public trop souvent subjugué par la performance, amoureux de la petite reine et nostalgique des balades familiales sur les routes du Tour.
   Tout continuera comme donc  avant pour une simple raison : on ne change pas la logique de la compétition sportive. Prudhomme et ses amis laudateurs du Tour continueront de se donner bonne conscience en tenant le scandaleux double discours  (on sert la soupe au dopé et on le condamne sans ménagement le jour où il est pris). Et en promettant le sport propre pour demain. "Armstrong, c’est du passé."  martèle Prudhomme. Comme le dopage sans doute. Quel courage M. Prudhomme ! Décidément, vous portez bien mal votre nom (homme preux). 
 
LE DAKAR : TOUJOURS LA HONTE.- On dit que le Dakar (devenu scandaleusement une marque après avoir quitté l'Afrique) n'intéresse plus que Gérard Holtz. C'est malheureusement faux. La télévision dite de service public se discrédite en parrainant cette course folle à la vitesse, ce gaspillage indécent d'énergie, ce déploiement humain qui serait si utile ailleurs, bref ce symbole odieux d'un monde dépassé. Le Dakar a toujours été une course obscène ; il le reste.

mardi 5 février 2013

"On peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant le sport c’est beau, c’est pur, ... cela ne signifie rien”
A peine dévoilé le scandale des matches truqués, la “famille sportive” (dirigeants, pratiquants, journalistes, personnel politique) a resserré les rangs pour lancer son slogan habituel : “C’est pas ça le sport”.
Et bien si, le sport c’est ça et ça toujours été ça : de l’argent, des affaires, de la violence, du dopage, des discours sans lien avec la réalité (1). Et pas seulement au plus haut niveau.
Depuis sa naissance à la fin du 19ème siècle, le sport a toujours été lié à l’économie, à la technique, à l’histoire, à la sociologie, à la psychologie (des foules par exemple), à la médecine. Le sport est un “fait social total” qui n’échappe pas aux forces de la société globale.
L’idéal sportif, disons-nous régulièrement, est une pure construction idéologique.
Dans le cas précis des matches truqués, les dirigeants français et la presse nationale voudraient faire croire que la France n’est pas touchée. Par quel miracle ?
Le CACS met à la disposition de qui le souhaite, l’ensemble des affaires de corruption, de caisses noires, de transferts douteux qui ont touché le sport français depuis des dizaines d’années.
Du déclassement d’Antibes dans le championnat professionnel de football (1932-1933) avec la radiation à vie de l’entraîneur à la publication de l’enquête d’Europol (2013), en passant par la Caisse noire de Saint-Etienne, le scandale VA/OM avec le margoulin Bernard Tapie, le dossier des commissions occultes et de la surévaluation des transferts du PSG (1998-2005), la fraude fiscale dans le monde du rugby et les petits arrangements dans d’autres sports, la liste des tricheries et des magouilles est longue.
Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant "le sport c’est beau, c’est pur, c’est loyal, ce n’est pas le dopage et pas la triche”, cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien”.
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(1). Voir le livre de Michel Caillat, “L’idéologie du sport en France”, Editions de la Passion,1989.

mercredi 2 janvier 2013

L'indécence du sport français

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 A quelques exceptions près, le monde du sport se félicite de la censure par le Conseil Constitutionnel de la taxe à 75% sur les plus hauts revenus.
   Il faut rappeler que la mesure signifiait que pour un joueur gagnant 1000 100 euros par an, le taux se serait appliqué à la somme de 100 euros soit 75 euros et non au gain total (ce qui ferait plus de 750 000 euros !) comme beaucoup de monde a tenté de faire croire (avec trop souvent  le relais d'une presse ignorante ou paresseuse).
   Il faut rappeler aussi que dans notre pays 50% des salariés gagnent moins de 1600 euros bruts par mois soit 19200 euros par an ! Et qu'eux et beaucoup d'autres qui gagnent 2000 ou 2500 euros par mois seraient heureux de "passer la tranche" à 75% !
   Le camouflet du Conseil constitutionnel n'est pas un camouflet pour Hollande mais un camouflet pour le peuple ou plus exactement pour toutes les classes populaires et moyennes.
   Honte à Frédéric Thiriez et à ses amis du sport. Honte à la presse qui, dans sa grande majorité, a continué à servir les puissants en applaudissant l'enterrement de la seule mesure économique et sociale de gauche (même symbolique) depuis l'arrivée du nouveau Président de la République.

mercredi 12 décembre 2012


Sarkozy, ambassadeur du sport au Qatar
ou la honte de la complicité sportive

   La presse dans sa grande majorité a relaté sans le moindre regard critique le discours que Nicolas Sarkozy a tenu sur les prétendues valeurs du sport le mardi 11 décembre lors des Doha Goals. Les dirigeants du Qatar ont bien compris qu’ils tenaient avec le fait social sportif de quoi faire l’unanimité ou presque. Le sport est intouchable et les pires régimes l’ont utilisé et l’utilisent avec l’appui des hommes politiques, des champions toujours aveugles, et d’une population subjuguée ou indifférente dès qu’il s’agit de sport.
   Voici les deux nouvelles qui apparaissaient le 10 décembre à la « une » du site du Parisien. Laquelle a fait  parler dans le petit monde du médias  ? Mohammed al-Ajami peut mourir en prison pourvu que l’on puisse taper tranquillement dans un ballon ou courir sur une piste pour glorifier – qu’on le veuille ou non - les bienfaits du régime.

Honte à tous les complices sportifs de ces régimes qui parlent de libertés et de droits de l’Homme pour mieux les bafouer.
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Fabius critique le Qatar après la condamnation d'un poète

Publié le 09.12.2012

Laurent Fabius a ainsi déclaré ce dimanche que la France n'admettait pas que l'on s'en prenne à des poètes, en référence à la condamnation à perpétuité au Qatar de Mohammed al-Ajami, alias Ibn al-Dhib, auteur d'un poème jugé subversif. Et le chef de la diplomatie française de rappeler malgré tout l'importance de la coopération économique entre les deux pays.

Le poète qatari a été condamné le 29 novembre à la prison à vie pour incitation contre le régime et diffamation du prince héritier de cette monarchie du Golfe. Amnesty International avait indiqué que la justice du Qatar lui reprochait d'avoir écrit en 2010 un poème critiquant l'émir mais que, selon des militants du Golfe, la véritable raison de son arrestation en novembre 2011 était son «Poème du jardin», écrit en 2011 alors qu'avait commencé le Printemps arabe. Ce texte rend hommage à la révolution tunisienne et exprime l'espoir que le changement touche d'autres pays arabes, affirmant «nous sommes tous la Tunisie face à une élite répressive».
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Sarkozy et le sport : première sortie publique de l'ancien président au Qatar

Publié le 10.12.2012,

Nicolas Sarkozy est attendu mardi à Doha. A l'invitation de l'émir du Qatar, il s'exprimera sur les enjeux du sport dans le cadre de Doha Goals, forum mondial du sport dont la première édition débute lundi. Plus de six mois après son départ de l'Elysée, l'ancien Président de la République française effectuera ainsi sa première sortie publique.
L'ancien chef de l'Etat a participé à plusieurs conférences (New York, Londres) depuis le mois d'octobre, mais dans le cadre lucratif d'un cycle de conférences privées.


Conclusion
. Pourquoi le sport est toujours du côté de l’ordre établi  et au service des régimes les plus autoritaires ? (l’Histoire le prouve, de Berlin à Pékin en passant par l’Argentine de Videla et l’URSS de Brejnev).
. Combien d’intellectuels emprisonnés au Qatar, en Chine et ailleurs ? Combien de sportifs de haut niveau emprisonnés ?
. Quelles sont les avancées réelles sur le plan des droits de l’Homme en Chine depuis les Jeux Olympiques, les belles paroles et le discours de Sarkozy lors de l’ouverture de la « grande fête pacifique et fraternelle » de Pékin ?
Et la question essentielle :
   Pourquoi faire croire que le sport est neutre ? Pourquoi ne pas analyser sérieusement les valeurs de ce « fait social total » pour comprendre que le sport n’est pas un jeu mais une vision du monde aux multiples implications politiques, économiques, idéologiques et culturelles ?

 

dimanche 18 novembre 2012

N'oubliez pas
Non à l’Euro 2016 !

Vous pouvez signer la pétition et faire part de vos réactions à l’adresse suivante :
Directement ou à (re)taper : http://www.petitions24.net/non_a_leuro_2016
                                                                                             (voir ci-dessous)

Mobilisation massive à Orléans contre la «Grouard Arena »
Les Orléanais ont au niveau local leur aéroport de Notre-Dame-des-Landes : la « future » grande salle de 10 000 places*.

   Des centaines de personnes se sont retrouvées samedi sur le « site Famar » où était organisée une manifestation contre le projet de la future grande salle Arena cher au maire d’Orléans, en présence de têtes d'affiche locales du PS, d’Europe Ecologie, du Parti de Gauche, du NPA, de Lutte ouvrière, et de nombreux militants d'associations progressistes.
   Les opposants au projet Arena d’Orléans ont réussi leur pari en mobilisant beaucoup de monde. Un cortège très dense rassemblant des manifestants de tous âges a dénoncé le « projet fou » du premier magistrat de la ville. «Bouygues dégage, résistance et sabotage», criaient les contestataires en référence au groupe de BTP désigné en septembre dernier comme lauréat pour la construction de la grande salle.  
  Derrière une grande banderole: « Contre l’Arena, le monde du fric et du sport d’élite, seule la lutte marque des points », les manifestants ont gagné le site Famar en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Non à un projet absurde et démentiel», «Grouard, ne gaspille pas l’argent des citoyens», « Grouard on va casser ton jouet. Tes emplois promis sont des mirages »
  Parmi les personnalités politiques présentes, un porte-parole de Jean-Luc Mélenchon a estimé que Serge Grouard et ses amis commettaient «une lourde erreur» en cherchant à imposer le projet d’Arena : «Il y a un choix dicté par le maire, qui est le choix du passage en force sans réel débat avec les  habitants ». De son côté, un responsable du NPA a dénoncé « un scandale social et écologique, avec des subventions publiques qui vont être massivement données à un groupe qui fait des profits «.
   D’autres élus, François Bonneau, président du Conseil Régional, Corinne Leveleux-Teixeira, membre du PS, Michel Ricoud et Dominique Lebrun du Front de gauche, Jean-Philippe Grand d’Europe Ecologie les Verts et même quelques membres du MODEM – certains étaient présents dans la manifestation - se sont exprimés par voie de communiqué en demandant au maire de remettre en cause la construction d’un tel équipement.
   A l’heure de la baisse de leurs subventions, beaucoup de responsables d’associations dans tout domaine (culture, environnement, santé, solidarité et… sport) ont exigé, de la part du maire, une « prise de conscience » sur ce dossier, et une autre utilisation de l’argent public (plus de 100 millions d’euros dans un premier temps). La plupart d’entre eux, qui ont enfin ouvert les yeux sur le choix politique de la mairie, déclaraient hier matin : « Serge Grouard  commet une faute politique en adressant à ses opposants et à ses administrés ce simple slogan : circulez, il n’y a rien à voir. Comme si dépenser des sommes gigantesques pour un équipement réservé à une ou deux équipes n’était pas une aberration quand on nous demande de réduire  fortement nos dépenses. Comme si construire une salle de spectacles à un kilomètre d’une salle existante (et vouée à la mort) n’était pas une absurdité que les citoyens un peu informés ne peuvent que combattre ». Certains firent remarquer non sans ironie que devant l’ampleur de la manifestation, bon nombre de journalistes ne pouvaient plus esquiver le « terrain » de l’Arena
    Il faut croire maintenant que les manifestants trouveront des relais un peu partout dans la population à l’heure où on lui demande de mettre la main à la poche pour combler les déficits.
   Il faut aussi espérer aussi que cette simple fiction sur le Notre-Dame-des-Landes orléanais devienne bientôt une réalité
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* Simple fiction malheureusement, d’après l’article du site du  Nouvel Observateur : « Notre-Dame-des-Landes: des milliers de manifestants défilent contre l'aéroport »

lundi 8 octobre 2012

L’Arena : à ne plus rien comprendre
Ambigüités politiques, censures médiatiques, désintérêt militant, le projet de grande salle avance dans une sorte de silence complice.

   Voici un projet fou à 103 millions d’euros minimum (certains parlent de 130) où chacun se positionne à titre personnel en fonction des circonstances. Ce qui vaut pour les élus vaut aussi pour la presse. Faisons le point :
   Aux dernières nouvelles, Mme Corinne Leveleux Teixera, l'une des responsables du PS orléanais, est contre le projet actuel sans dire exactement quel est son souhait.
   Aux dernières nouvelles, M. François Bonneau, président PS de la région, est pour le projet et toujours prêt (lui et les élus de sa majorité) à accorder 12 millions d’euros de subvention  pour l’Arena (on dit parfois 11 ou 15 !)
   Aux dernières nouvelles, les Verts ne disent plus grand-chose. M. Grand qui était pour est désormais contre mais ne le fait pas trop savoir.
   Aux dernières nouvelles, le Front de Gauche conduit par le Parti Communiste est contre l’Arena après avoir été pour une « Arena pour tous » ( !) et propose clairement un autre projet (discutable) sur un site différent et avec une salle moins grande (7000 places)
   Aux dernières nouvelles, M. Grouard député-maire UMP fonce toujours tête baissée pour faire aboutir le projet. Très content d’avoir vu ses amis Sarkozy et Douillet appuyés le dossier auprès du CNDS juste avant l’élection présidentielle, il n’a pas digéré le revirement dudit CNDS qui a décidé de reporter l’octroi de la subvention de 15 millions (+ 5) après l’élection de M. Hollande.
   Le CNDS qui avait voté la subvention de justesse fin avril annule la décision à la quasi unanimité fin juillet. M. Grouard qui était passé en force deux mois plus tôt crie subitement au scandale et au règlement de comptes politique.
    Que savons-nous du Centre national pour le développement du sport (CNDS) ? Qu’il fut créé en 2006 et qu’il était présidé en avril dernier par un certain Raymond-Max Aubert. Or, en juillet, ce M. Aubert était encore Président du CNDS et mieux même, on peut lire dans le Journal Officiel du 31 août 2012 ce qui suit : « Par un arrêté en date du 16 août 2012, Raymond-Max Aubert, inspecteur général de l'administration du développement durable honoraire, est chargé d'exercer les fonctions de président par intérim du conseil d'administration du Centre national pour le développement du sport (Arr. min. 16 août 2012, JO 31 août, p. 14056)
   Or, que sait-on de M. Aubert ?
   Qu’il fit ses études a l'ENA, issu de la promotion Voltaire comme… François Hollande
   Qu'il fut élu député RPR en 1993 face à…François Hollande.
   Qu’il fut élu maire de Tulle deux ans plus tard mais qu’il fut battu aux législatives (1997) et aux municipales (2001), par un certain… François Hollande.
    Petite consolation 2003, il fut élu en 2003 président du conseil d'administration de l’Agence nationale pour le chèque-vacances(ANCV) puis devint enfin président du conseil d'administration du Centre national de développement du sport (CNDS).
   M. Grouard s’attaque donc à une institution dirigée par un de ses amis politiques. M. Grouard qui est un supporter de François Fillon aurait-il trouvé à la tête du CNDS un supporter de J. F. Copé ?...

    Côté presse, le débat sur l’Arena n’encombre ni les colonnes ni les antennes.
   Aux dernières nouvelles, La République du Centre continue de se réjouir du projet. Toutes ses plus belles plumes n’ont pas le temps de donner la parole aux observateurs moins enthousiastes à l’exception des officiels. La lecture du livre de Marc Perelman ne leur ferait pas de mal pour comprendre réellement les véritables enjeux (voir ci-dessous).
   Aux dernières nouvelles, La Tribune d’Orléans ne se pose toujours pas réellement de questions ni sur le coût pour la collectivité, ni sur le naming envisagé (la "Servier Arena" ?), ni sur les fonctions politiques et idéologiques de l'équipement. L’essentiel est de faire croire à la neutralité en se limitant au simple constat.
   Aux dernières nouvelles, France Bleu Orléans et plus encore France 3 Orléans font le minimum en jugeant sans doute que le projet n’est qu’un projet « sportif » et ne mérite pas quelques minutes d’antenne régulières voir un dossier complet.
   Le maire a bien compris que les ambigüités de l’opposition, la censure et la fausse neutralité de la presse, le désintérêt des « intellos » et de la plupart des responsables d’associations pour un équipement (dit sportif) de spectacles populaires, et le "refus de savoir" des militants dits progressistes, servent parfaitement son projet. Il ne s’en plaint pas. Le CACS


Lu dans Le Monde le samedi 6 octobre 2012

Ces investissements que l'Etat repousse faute de crédits

LE MONDE  - 06.10.2012

De la Somme aux Alpes-Maritimes, les grands projets d'infrastructures sont sur la sellette faute de financements. Le projet de loi de finances 2013 prévoit ainsi que "des projets non prioritaires ou dont le financement n'a jamais été établi sont décalés ou arrêtés". Le gouvernement a annoncé une réduction de sa dotation de financement des collectivités de 1,5 milliard en 2014 et 2015.

. Les projets de lignes à grande vitesse (LGV) menacés
. Incertitudes sur le canal Seine-Nord
. La justice ralentit la construction de prisons
. Les projets culturels face à la disette budgétaire

Avec 2,63 milliards de crédits annoncés pour 2013, le ministère de la culture subit une baisse de 3,3 % de son budget. En 2015, la chute devrait atteindre 5,5 %.

Sont ainsi stoppés net : le projet d'un centre des réserves du Louvre ouvert au public à Cergy-Pontoise, ainsi que le projet de centre international pariétal dit "Lascaux-4" en Dordogne (12 millions d'euros).
A Paris, la Maison de l'histoire de France, le Musée de la photo à l'hôtel de Nevers et la salle supplémentaire à la Comédie-Française ne verront pas le jour.
A l'est de la capitale, le projet de "Villa Médicis" en Seine-Saint-Denis, installé dans la tour Utrillo, à Clichy-Montfermeil, sera "redimensionné".

Beaucoup d’investissements majeurs sont (seront sans doute) annulés et reportés sauf les… « plus urgents » :

. Les grands stades pour l’Euro 2016 : plus d’1,6 milliard d’euros
. Et, si l’on suit le maire d’Orléans, le projet d’Arena de la ville : 103 millions d’euros au minimum (+ quelques autres salles en France)

Il est peut être temps d’arrêter les « folies sportives »
Non à la construction et à la rénovation des grands stades
Non à la construction des grandes salles Arena
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Pour mieux comprendre les enjeux économiques, politiques et idéologiques du projet Arena,
Lire le livre de l’architecte Marc Perelman


Genèse et structure d'un espace historique (psychologie de masse et spectacle total) - Gollion, Infolio éditions [464 p., illus. coul., N&B] (2010)

Au cœur des villes, le stade apparaît comme le lieu historique de la compétition sportive et d’un spectacle planétaire. Né à Olympie, il s’est métamorphosé en une machine à voir grâce à la modernité technologique – acier et verre, béton et gigantesques porte-à-faux, systèmes télévisuels et vidéosurveillance.
Consacrant une architecture monumentale, le stade est devenu une puissance visuelle ostensible magnétisant les foules fascinées. La rigueur de sa géométrie en anneau participe du façonnement de la masse qui clame sa soumission à l’ordre de la compétition sportive au sein d’un espace clos et dans un temps rythmé par les prouesses des athlètes.
Loin de la neutralité, de l’innocence, de la pureté où il puiserait une force originelle, le stade est le réceptacle dans lequel s’accumulent les ferments de la violence. Les rancœurs politiques et sociales sont captées, orientées et amplifiées par la logique de la compétition sportive dont le stade est la matrice.


 Ce qu’en pense « Libération »

« Peu de réalités échappent autant au questionnement critique dans notre modernité que le stade. Le mythe sportif étouffe les intelligences. Auteur de nombreux ouvrages sur le sport et sa fonction sociopolitique, l’architecte et esthéticien Marc Perelman, avec son livre L’Ère des stades, comble cette lacune. » (Robert Redeker, Tageblatt)
« Si on parle de “dieux du stade”, c’est parce que le stade doit lui-même quelque chose aux dieux. En particulier au fils de Zeus et de la mortelle Alcmène, au héros qui de ses mains étrangla le lion de Némée et captura Cerbère dans les Enfers : le vigoureux et rusé Héraklès, ou Hercule. » (Robert Maggiori, Libération)
 
 
 

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